Aix-en-Oeuvres
Association Loi 1901
1979 :
« Je suis entrée à l'école d'arts graphiques Met de Penninghen. j'ai délaissé le
graphisme pour la peinture.
Jean Podevin était installé à Boulogne, dans une sorte de dépôt, une grande
surface dont l'ambian¬ce était bonne, où je me suis ren¬due pendant deux ans. Puis
il a eu un bel atelier à Paris, rue Aubry-Ie¬Boucher. J'y suis restée, à ses côtés,
pendant huit ans. Il avait été professeur de dessin de perspective au lycée
Pasteur, où il préparait les élèves au concours de l'école Polytechnique. Il a eu
quelques autres élèves, qui restaient tou¬jours peu de temps.
Il m'a d'abord, longtemps, fait étu¬dier, à la gouache, la composition d'un tableau et les effets possibles
de la matière. Il m'a appris à concentrer mon œil. J'ai commen¬cé à m'amuser. J'ai beaucoup travaillé en
le regardant peindre. J'ai osé certains gestes après l'avoir vu les faire; secouer un pinceau, exploiter
une tache, par exemple. Il travaillait au couteau. J'ai commencé à travailler au couteau. Cela donne des
effets construits. J'aime cet aspect rigoureux. Les effets obtenus au pinceau sont pour moi, souvent,
trop mous. Même lorsque je travaille la gouache, j'ai tendance à commencer avec le couteau. J'aime aussi,
beaucoup, les effets de matière. J'ai sans doute pris plus vite confiance en moi, et plus vite évolué,
grâce à ce maître.
J'ai peint dès le début des bords de mer, des paysages du bassin d'Arcachon, où je passe mes vacances
depuis l'enfance. J'aime tout travailler. Selon les périodes, j'épure ou je charge. La vue de la simple
tache de couleur que fait une serviette de bain sur une plage peut déclencher une série de toiles vives,
rouges, à un moment où je ne travaille que dans les bleus et dans les gris. Seule certitude: je n'aime pas
le vert.
Tout dépend du moment et des voyages. Je ne sais jamais à l'avan¬ce ni sur quoi je vais travailler, ni
dans quels tons. N'importe quoi, même,une page de catalogue, peut m'inspirer. Je vois des toiles
par¬tout. Quand je suis en voyage, je fais beaucoup de photos. Et aussi des croquis. Je les interprète
ensuite. »
»
1989 :
Première exposition avec jean Podevin à Paris (Hôtel Plaza). Premières toiles
réalisées sur commande.
1991 :
Premier salon (les Indépendants, Paris). « Lors de mes premières expositions
je trouvais toutes mes toiles affreuses. Je n’ai jamais été intimidée mais cela
m’a toujours cassé les pieds de devoir expliquer ma peinture. Je crois qu’elle
doit être ressentie. Je ne suis pas triste à l’idée de voir partir une de mes toiles,
au contraire. Seule celles que je vais faire m’intéressent.
Les gens qui regardent ma peinture veulent toujours savoir ce qu’elle signifie, moi,
je ne sais jamais pourquoi je mets telle ou telle tache à tel ou tel endroit. Je sens
simplement que j’en ai besoin, pour que la toile tienne, pour qu’elle ait de la force.
Je le sens, c’est instinctif, surtout pas réfléchi. »
1992 :
Exposition personnelle à l'Institut Franco-Portugais de Lisbonne (Portugal).
J'aime la peinture gaie, colorée. Celle de Manet, certaines œuvres de Modigliani, de
Nicolas de Stael ou de Picasso. Leurs sujets me sont égaux. C'est l'émotion que
provoquent la couleur, la matière et la composition qui m'intéresse.
Quand je suis partie au Maroc, j'ai aimé les effets de perspective, au coin des
rues; et dans les marchés flottants de Thaïlande, la couleur en mouvement. J'aime
peindre au Cap-Ferret parce que les couleurs y changent tout le temps. Au Brésil,
en Afrique, en Norvège...
En septembre, je serai à Venise. Quand je rentre, j'ai toujours envie de peindre.
J'ai stocké des idées, je suis excitée."
2002 :
Première exposition consacrée entièrement à un thème : le Maroc. Beaucoup de couleurs plus douces,
moins de bleu qu’auparavant, plus de couleurs chaudes. J’ai de plus en plus envie d’épurer mes toiles.
2003-2004 :
Me voilà lancée sur le thème de la Corrida ; non pas que j’aime sa pratique
mais je suis sensible aux mouvements du taureau et du toréador, c’est
l’occasion pour moi de faire des toiles très colorées, très vives.
Dans le même temps je commence mes premières toiles sur le thème de la
musique avec comme instrument principal le piano. A l’opposé de la
tauromachie ces toiles sont plus douces, plus reposantes.
2005 :
Je franchis un cap, j’ai envie d’abstrait. Beaucoup de gris, moins de couleurs,
je m’amuse avec la composition, insère des mots, casse le côté un peu rigide
du couteau avec des arrondis tracés au pinceau.
2006-2007 :
Je suis toujours dans l’abstrait mais je reviens un peu
à la couleur, toujours des tons chauds, des rouges et aussi
des violets. Je travaille dans des grands formats pour me
sentir plus libre. Durant cette période je reçois beaucoup
de commandes que je réalise à partir d’esquisses.
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