Aix-en-Oeuvres
Association Loi 1901

    Ben chez Cézanne, du 14 juin au 30 septembre 2008
              9, avenue Paul Cézanne
                   Aix en Provence
Cet artiste, qui désormais recourt volontiers au béton plutôt qu’à la terre,
est un authentique sculpteur de cette race issue de celle des céramistes qui
construisent en tournant leur pot autour d’un vide, qui joue du plein et de
l’espace, en une sorte de cache-cache infini.

Béton, terre cuite, la belle affaire. De toute façon, il voit grand. C’est lui qui,
en 1991, a obtenu le premier prix du concours organisé par IMETAL, au musée
des Arts décoratifs de Paris, qui s’intitulait Hommage à Bernard Palissy. Pour
ce concours, il a conçu une oeuvre immense, une Ville imaginaire. Il a construit
sa ville de 1,80 mètre de diamètre, en brique industrielle; au milieu de ce plateau
aux bords relevés, des éléments verticaux, qui évoquent évidemment les
immeubles de la ville. L’intérieur du plateau est peint en bleu, de-ci de-là, des
rehauts d’or. Une terre industrielle, du bleu et de l’or : un vrai rêve d’harmonie.
Il ne réfute pas la ville moderne, il la transpose dans un monde imaginaire.

D’autres fois, ses villes sont des boules creuses, percées de galeries qui en
font des habitations troglodytes ou, mieux, une ville méditerranéenne comme
la médina de Fez, dont les rues communiquent entre elles, dont les maisons sont
truffées de passages invisibles. Plus la ville est compacte, plus elle favorise
les liens entre les différents espaces, semble-t-il dire. Alors il enferme sa ville
dans un volume globulaire : enfermement multiplication des ouvertures.
Protection plutôt qu’enfermement.

Avec le béton, Pierre Baey peut autant qu’il le veut traduire la brutalité
humaine. Avec la terre, il crée un monde onirique dans lequel on s’immergerait
volontiers.
Flâneries d'Art 2008
Bareff
Pierre Baey
Meuble béton
Bastide
7, rue Vendôme